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Dominique Boucher

 

Lieu 31 - Saint Gaudens
Catégorie Peintre
Son actualité  
Pour le joindre dominique.boucher.stylographie@wanadoo.fr

 

Dominique Boucher est né dans un petit village de Picardie en 1955. Il tente, au cours de ses années de lycée, de distraire stylo-bille en main les quelques indispositions qu’il sent poindre : hypocondrie, claustrophobie, agoraphobie, divers vertiges. Et plutôt que d’être attentif à l’enseignement, il gribouille ses feuilles de copie de premières et innocentes intentions picturales.

En mars 1976, il pose une valise dans le Comminges, au pied des Pyrénées, le temps d’une convalescence morale. Un mois plus tard, il envoie par courrier sa démission au directeur de cabinet de Monsieur le Préfet de l’Oise, son employeur d’alors, et s’installe définitivement sous l’horizon montagneux. Dès lors, de petits boulots en divers stages qui lui assureront le quotidien, il se lance dans un apprentissage solitaire de la peinture, faisant ses premières armes à la gouache, à l’aquarelle, abordant tout juste l’huile. Comme un prêtre ouvrier puisant son inspiration divine dans le côtoiement et le soutien de ses semblables, Dominique Boucher mène de front la poursuite de son initiation artistique et sa confrontation à la réalité sociale.

Cependant les différents médiums abordés ne le satisfont guère. Il n’y trouve pas dans ces outils le prolongement naturel qu’il désire donner à sa main, à son univers pictural. Une période matériellement difficile le contraint à reprendre le stylo-bille ; peu à peu la contrainte devient plaisir, d’abord dans la douleur puis dans la délectation. Il n’aura de cesse de découvrir, d’apprendre, d’inventer, de mettre à sa main cette technique de la peinture au stylo-bille.

1980 : premières expositions. Le public adhère à son univers pictural mais boude le médium. L’outil employé est instrument de potache, de fantaisiste… même ses pairs lui dénient le qualificatif de peintre. Respectueux de cette opinion, il n’en démordra néanmoins pas : ses outils de travail ne seront ni des pinceaux, ni des tubes de couleurs, ni des toiles, mais de simples stylos à bille. Car pour s'exprimer pleinement, sa peinture a besoin d'une technique interdisant toute précipitation, obligeant à la prudence et à la réflexion. Le stylo bille excluant tout repentir, chaque composition exige une absolue maîtrise de soi et proscrit l'improvisation. Comme pour sa vie, il souhaite faire de sa peinture, et à chaque seconde, un geste réfléchi.

C’est alors que lui vient la conscience de ne pas peindre pour vivre, mais de vivre pour peindre. D'aucuns penseront sans doute à un exercice de style, à l’amusement de manier les mots… La réaction partagée du public l’a mis face à une évidence : l’incompatibilité d’humeur entre le public et sa technique, si elle devait perdurer, ne serait pas le couperet décidant du sort de sa peinture. Son acte de peindre n'est ni un loisir, ni un passe-temps, encore moins une profession… mais un sens donné à sa vie. Un acte débordant de sincérité, de conviction, d'honnêteté… ce peintre veut que sa peinture sache se montrer capable de raison, au sens où elle est la cause ou le motif légitime d'une pensée, d'une humeur, d'une récréation… la recherche du sens de l’âme, l'intention de communiquer, le simple geste d'un plaisir personnel. Puisque pour ce peintre, il serait inconcevable, sans aucun doute inconvenant de proposer à la fois à lui-même et au public un travail bâclé, un premier jet, une chose sans ambition personnelle et artistique.

En 1983, avec l’intention de couper court à toute tentative de faux-fuyant dans sa création et garantir aux siens une tranquillité matérielle minimum, il accepte un emploi de veilleur de nuit ; travail qu’il perdra en septembre 2004. De tout ce temps, salarié les nuits, peintre le jour, et de tableau en tableau il tente de mettre en relation la réalité des choses avec l'imaginaire de l'homme (qu'il est), le prosaïsme du quotidien avec la poésie de la pensée (ou l'inverse), tout empli de l’humaine prétention (ou la naïve illusion) que le jour viendra où sa peinture sera, et pour ce qu'elle est, la belle raison qui lui ait été donné de vivre.

Octobre 2004 : Dominique Boucher prendra la décision de se consacrer à part entière à sa peinture.

 

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