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Gérard Quintric
Je suis né à LISIEUX, en 1951,
au mois de Février, à l'heure où le
soleil passe dans l'eau. Les dix premières années
se passent normalement, plus souvent dans la rue qu'à
l'intérieur. Ce qui va indirectement me conduire
au premier tournant important de mon existence, le placement
en famille d'accueil par ce qui est appelé aujourd'hui
la DASS. C'est un choc, mais aussi le début de l'incertitude,de
l'incompréhension, de l'impression d'être rendu
responsable d'une situation que l'on n'a pas souhaitée.
Dans les "résidences" qui me sont imposées,
un autre monde s'ouvre, un monde intérieur où
personne n'a accès sauf moi-même. Ce monde
imaginaire peuplés d'êtres égaux, sans
contraintes, sans sarcasmes, sans différences, ce
monde s'exprime, s'extériorise dès lors par
le dessin. Et c'est d'abord par lui que j'obtiens une place
parmi les autres. Cette qualité d'expression fait
que je suis remarqué par le Directeur su C.E.G. de
PONT-L'EVEQUE, qui n'est autre qu'un ancien élève
des Beaux Arts , et Prof de dessin .Il m'encourage, me consacre
plus de temps, tout en me laissant le loisir d'évoluer
à mon aise et à mon rythme.
Les années passent, la vie est là qui s"écoule
calmement, et c'est aussi le moment de penser à l'avenir.
A cause d'une réglementation administrative de l'époque,
les portes se ferment devant moi pour envisager l'utilisation
de mes dons artistiques, aussi j'entreprends des études
comptables à CAEN. Dans le même laps de temps
je participe à une exposition de groupe au Salon
des Léopards de TROUVILLE-DEAUVILLE. Je fais la connaissance
de peintres tels Ernest CHARDINE et Guy BRASSARD peintres
Normands.
Peu après mon service militaire, je pars m'installer
dans la Région Parisienne, ou j'organise une exposition
avec quelques amis , , puis à FONTENAY LE FLEURY.
Après avoir vécu du côté de la
BASTILLE, je m'installe avec ma femme et ma fille à
MARCILLY S/EURE. C'est aussi à ce moment là
que je fais connaissance avec le chômage auquel viennent
s'ajouter d'autres problèmes. Je profite de ce temps
libre pour créer dans l'ancienne cantine , la première
exposition de MARCILLY. Cette expo, commencée en
nombre restreint , me permet de faire la connaissance de
bon nombre d'artistes que je retrouve au fur et à
mesure dans la chaîne d'expos régionales( NONANCOURT,
ST REMY S/AVRE, LA COUTURE BOUSSEY, OULINS., La VIEILLE
LYRE?LUISANT, ORBEC, LISIEUX, QUILLEBEUF S/Seine, BOULOGNE
BILLANCOURT, DREUX, HOUDAN-BOISSET,......etc....)
Autodidacte, je m'aperçois que dans mon expérience
artistique, il y a quelques lacunes que j'essaie de combler
par échanges d'idées, en observant les autres
et leur demandant leur avis quant à mon travail.L'inspiration
venant de la nature environnante et l'architecture, les
paysages verdoyants de la Normandie, les côtes sauvages
de Bretagne alliées aux couleurs du Sud-Ouest de
l’ANGLETERRE, tout cet ensemble fait que j'évolue
dans le figuratif.Auxquels viennent s'ajouter l'histoire,
la légende et le rêve.Alors que d'autres ont
choisi la publicité ou la décoration, car
moins incertaine que la peinture traditionnelle, c'est par
elle que j'essaie de me définir, par l'émotion
de la créativité artistique. Mais les raisons
en restent vagues tant est que le plaisir de cette création
n'est complet que si on peut le faire partager, alors l'osmose
est complète avec le visiteur. Ce dernier se trouve
interpellé par ce qu'il voit et ressent, parfois
un trouble, qui pourrait se définir soit par une
forme, une lumière, une atmosphère de couleurs,
enfin il éprouve cette sensibilité qui n'est
visible que par lui et ressentie par son coeur, il accède
ainsi dans l'univers poétique de l'artiste, sans
barrière, sans verrous, sans tabous, sans contrainte:
c'est l'évasion complète du monde réel.
C'est ainsi qu'il ressent la véritable liberté
rivée au plus profonds de l'âme, cette liberté
intérieure, cette liberté créative,
la liberté de celui qui prend le risque d'être
appelé ARTISTE.. C'est grâce à ce petit
plus que nous à donné la nature qu'il se distingue
de son voisin. Ce quelque chose est un étonnant moyen
de communication, indispensable à un bon équilibre,
et le dessin est encore le plus évident et le plus
naturel moyen d'approche de l'environnement, de reproduction,
et de faire entrer dans l'univers de la peinture ceux qui
aiment rêver et voyager. L'ensemble créant
un sentiment que l'on peut éprouver : celui du mystère,
source de tout art véritable, au sein d'une sorte
d'histoire universelle, visible par les yeux de l'âme,
synchronisme qui nous ferait participer à la science
de celui qui voit d'un seul coup d'oeil l'avenir et le passé.(GOETHE).
Si aujourd'hui , je me permets ces quelques analyses, c'est
qu'elles reflètent et résument d'une certaine
façon, ce que j'ai pu ressentir face à la
vie, mais aussi accepter sans broncher toutes les tuiles,
en sachant que dans chaque évènement négatif
qui survient, il y a toujours du positif à récupérer.
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