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Pierre Vogel
Mes
plus grandes passions sont la peinture et le karaté,
et je ne saurais concevoir l'une sans l'autre.
Ces deux arts - car le karaté est un art au même
titre que la peinture, la danse ou la musique - semblent,
à première vue, parfaitement opposés
l'un à l'autre. Ne dit-on pas que la peinture est
"cosa mentale" tandis que l'art martial exige
avant tout une grande discipline corporelle. Pour moi, pourtant,
le contraire est tout aussi vrai : le karaté, sans
un esprit à la fois clair et inventif, se réduit
à une suite de mouvements violents, dépourvus
de sens; et la peinture, sans l'intelligence de la main,
sans une sorte de
maîtrise somme toute physique, n'est que prétention
pompeuse, tout aussi ennuyeuse.
C'est pourquoi je crois que ces deux arts sont parfaitement
complémentaires.
Le peintre est seul face à sa toile ou sa feuille,
et souvent ses idées s'enchêvetrent d'une façon
inextricable, alors la pratique du karaté en compagnie
des camarades ou des élèves permet de retrouver
la fluidité et la concentration de l'esprit, et par
conséquent de la main, sans laquelle aucun art n'est
possible.
Le dessinateur tente de trouver le trait à la fois
le plus expressif et le plus dépouillé, le
karatéka cherche le mouvement le plus efficace et
le plus fluide :
dans les deux cas, il s'agit de capter une sensation fugitive,
mais bien réelle : une sorte de bonheur qui ne se
réalise que par l'action.
En préparation
au Pavillon de la Tulette:
une exposition de
Sonia Buser, artiste canadienne
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